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L – USINE (Fragments)

L – USINE (Fragments)

« L’USINE, fragment de la pièce de Magnus Dahlström, projet de Linda Fahssis et Audrey Casanova, met en scène la marche impitoyable d’une usine de production qui broie la vie des êtres humains. Il y a dans cette séquence une belle rage de vie, rage de théâtre aussi portée par une dizaine de comédiens très engagés. »
Journal de bord d’Edith Rappoport, chargée de diffusion du théâtre à la DRAC

Note d’intention

L’action prend place dans le sous-sol d’une usine sidérurgique. Au milieu des stocks, des tubes de métaux, des outils et de la poussière, les ouvriers se sont aménagés un espace pour des pauses plus ou moins officieuses. Des heures de repos volées dans une salle de pause se fortune. Un espace exiguë pour un instant de répit, le temps d’une cigarette, d’un café, d’une joute verbale, avant de repartir au boulot. Un lieu fait de boîtes de cartons entassées créant un espace fragmenté au relief asymétrique analogue à la hiérarchie créer au sein du groupe. Un espace en friche pour des vies en pauses, des vies empaquetées. Un espace clos pour éloigner le quotidien du travail à l’usine, pour oublier la dangerosité du métier, l’épuisement. Un espace de rencontre pour oublier le vide affectif. Mais un espace hostile, où l’on se heurte, où l’on se jauge, se juge, se teste et se brise. On y côtoie l’autre dans la même tenue règlementaire.

La scène devient un espace expérimental où les êtres se diffusent et se débattent, témoignant de la peur de l’autre, de la mise en danger par la présence de l’autre dans un système qui oublie, qui délaisse, qui maltraite ses êtres. Huit humanités s’y côtoient pour crier au monde leur existence, leur rage de vivre, leur rage de dire. Le spectateur est invité à pénétrer l’espace clos du laboratoire où se joue la lutte pour exister. Une impression forte de réalité. Un théâtre brut, sans artifice, des acteurs mis à nu. Des hommes, des femmes, et une parole. De l’acier coule dans les veines. A l’usine on enlève les scories, on enlève les aspérités, ici elles se rencontrent, elles se cognent, elles s’entrechoquent. Les corps s’émiettent quand la violence se fait jour et se fait loi.

Audrey Casanova.